"Caelum non animum mutant qui trans mare currunt"
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7 de diciembre de 2015

▪ Pick or Lose

     
    
I saw my life branching out before me like the green fig tree in the story. From the tip of every branch, like a fat purple fig, a wonderful future beckoned and winked. One fig was a husband and a happy home and children, and another fig was a famous poet and another fig was a brilliant professor, and another fig was Ee Gee, the amazing editor, and another fig was Europe and Africa and South America, and another fig was Constantin and Socrates and Attila and a pack of other lovers with queer names and offbeat professions, and another fig was an Olympic lady crew champion, and beyond and above these figs were many more figs I couldn't quite make out. I saw myself sitting in the crotch of this fig tree, starving to death, just because I couldn't make up my mind which of the figs I would choose. I wanted each and every one of them, but choosing one meant losing all the rest, and, as I sat there, unable to decide, the figs began to wrinkle and go black, and, one by one, they plopped to the ground at my feet.

The Bell Jar, Sylvia Path
    
    

1 de enero de 2013

▪ Writer vs. Words



Ils ne sont jamais neutres, les mots, ils déforment tout, ils nous chassent des pays merveilleux de l'enfance, ils nous circonscrivent, nous limitent et nous censurent et quand nous entrons dans une langue, nous ne savons pas dans quoi nous entrons, mais c'est une religion, c'est une cathédrale, c'est une maison, c'est un vêtement et nous aurons beau faire et beau nous débattre, nous sommes pris. Il n'y a plus de pureté possible, le regard s'amenuise, l'œil ternit, on nous aveugle lentement et notre seul effort doit consister à retrouver la vue, à réapprendre à voir, mais entre nous et ce que nous sommes vraiment se tient la barrière de milliers de mots, avec leur histoire, leur découpage, leur référents, leur poussière, leur passé, leurs déformations, leur tristesse. Et la seul issue pour moi actuellement c'est la fuite accélérée de cela qui me rejoint toujours, qui me rejoint tellement vite, qui se jette sur moi et m'empêche de voir, qui me bouche la vue, qui me bouche la liberté. Je ne veux pas devenir aveugle. Il n'y a personne au monde qui puisse me donner ma liberté, pas même les plus grands ni les plus libres des hommes, parce que le mot grand et le mot libre et le mot homme sont encore des mots. Je déteste les mots, tu sais, oui je suis écrivain et je déteste tous les mots qui me poursuivent et me harcèlent et me persécutent et le mot écrivain est un de ceux-là parce que c'est quoi ça, être écrivain, penses-tu? Est-ce que je suis écrivain quand je te parle, quand je prends l'autobus, est-ce que je suis écrivain dans mon bain, quand je mange ? Et toi qui me prends pour un écrivain, qu'est-ce que tu penses que je suis, un mot?

Voyage en Irlande avec un parapluie, Louis Gauthier
 
 
 

18 de noviembre de 2012

▪ Understanding Inner Worlds

  
  
Ma se è tutto qui il male! Nelle parole! Abbiamo tutti dentro un mondo di cose; ciascuno un suo mondo di cose! E come possiamo intenderci, signore, se nelle parole ch'io dico metto il senso e il valore delle cose come sono dentro di me; mentre chi le ascolta, inevitabilmente le assume col senso e col valore che hanno per sè, del mondo com'egli l'ha dentro? Crediamo d'intenderci; non c'intendiamo mai!

(...)

Lo so bene anch'io che ciascuno ha tutta una sua vita dentro e che vorrebbe metterla fuori. Ma il difficile è appunto questo: farne venir fuori quel tanto che è necessario, in rapporto con gli altri; e pure in quel poco fare intendere tutta l'altra vita che resta dentro!

Sei personaggi in cerca d'autore, Luigi Pirandello
   
  
 
¡Pero si el mal está todo aquí! ¡En las palabras! Todos tenemos adentro un mundo de cosas: ¡cada uno su mundo de cosas! ¿Y cómo podemos entendernos, señor, si en las palabras que yo digo pongo el sentido y el valor de las cosas como son en mi interior; mientras tanto, el que las escucha, inevitablemente las asume con el sentido y el valor que tienen para él mismo, pertenecientes al mundo como él lo tiene dentro? Creemos entendernos; ¡no nos entendemos nunca!

(...)

También yo sé muy bien que cada uno tiene una vida propia adentro y que quisiera expresarla. Pero lo difícil es justamente eso: hacer expresar lo que es necesario, en relación con los otros; y sin embargo, en ese poco, dar a entender toda la otra vida que queda adentro.

Traducción de Roberto Raschella


 

3 de noviembre de 2012

▪ What you Waiting for?

 
 
COUPLES

Mais pourquoi me fais-tu attendre? a demandé Babey. Je suis pressée, pressée de vivre. Mon temps est compté. Pourquoi m'imposes-tu toute cette attente? Qu'est-ce que tu attends pour te rapprocher de moi? Tu es trop intérieure. Tu n'as jamais touché à la surface. Marc fait erreur à ton sujet. Tu n'es même pas encore incarnée. Je vais te tirer à la surface. Tu te jetteras comme moi dans la rage de vivre, de profiter de tout, tout de suite. Pourquoi ris-tu? Gala, je parle sérieusement.

La Passion selon Galatée, Suzanne Jacob


6 de septiembre de 2012

▪ La seul vrai mort: l'oubli



Regardez autour de vous et regardez-vous vous-même: le monde grouille d’assassins, c’est-à-dire de personnes qui se permettent d’oublier ceux qu’ils ont prétendu aimer. Oublier quelqu’un : avez-vous songé à ce que cela signifiait ? L’oubli est un gigantesque océan sur lequel navigue un seul navire, qui est la mémoire. Pour l’immense majorité des hommes, ce navire se réduit à un rafiot misérable qui prend l’eau à la moindre occasion, et dont le capitaine, personnage sans scrupules, ne songe qu’à faire des économies. Savez-vous en quoi consiste ce mot ignoble ? À sacrifier quotidiennement, parmi les membres de l’équipage, ceux qui sont jugés superflus. Et savez-vous lesquels sont jugés superflus ? Les salauds, les ennuyeux, les crétins ? Pas du tout : ceux qu’on jette par-dessus bord, ce sont les inutiles – ceux dont on s’est déjà servi. Ceux-là nous ont donné le meilleur d’eux-mêmes, alors, que pourraient-ils encore nous apporter? Allons, pas de pitié, faisons le ménage, et hop ! On les expédie par-dessus le bastingage, et l’océan les engloutit, implacable. Et voilà, chère mademoiselle, comment se pratique en toute impunité le plus banal des assassinats. 

Hygiène de l'assassin, Amélie Nothomb
  
    
 

30 de junio de 2012

▪ You are What you Read



- Il y a tant de gens qui poussent la sophistication jusqu'à lire sans lire.  Comme des hommes-grenouilles, ils traversent les livres sans prendre une goutte d'eau.

- Oui, vous en aviez parlé au cours d'une entrevue précédente.

- Ce sont les lecteurs-grenouilles.  Ils forment l'immense majorité des lecteurs humains, et pourtant je n'ai découvert leur existence que très tard.  Je suis d'une telle naïveté.  Je pensais que tout le monde lisait comme moi ; moi, je lis comme je mange : ça ne signifie pas seulement que j'en ai besoin, ça signifie surtout que ça entre dans mes composantes et que ça les modifie.  On n'est pas le même selon qu'on a mangé du boudin ou du caviar; on n'est pas le même non plus selon qu'on vient de lire du Kant (Dieu m'en préserve) ou du Queneau.  Enfin, quand je dis « on », je devrais dire « moi et quelques autres », car la plupart des gens émergent de Proust ou de Simenon dans un état identique, sans avoir perdu une miette de ce qu'ils étaient et sans avoir acquis une miette supplémentaire.  Ils ont lu, c'est tout : dans le meilleur des cas, ils savent « ce dont il s'agit ». Ne croyez pas que je brode.  Combien de fois ai-je demandé, à des personnes intelligentes : « Ce livre vous a-t-il changé ? » Et on me regardait, les yeux ronds, l'air de dire : « Pourquoi voulez-vous qu'il me change ? »

- Permettez-moi de m'étonner, monsieur Tach : vous venez de parler comme un défenseur des livres à message, ce qui ne vous ressemble pas.

- Vous n'êtes pas très malin, hein ? Alors, vous vous imaginez que ce sont les livres « à message » qui peuvent changer un individu ? Quand ce sont ceux qui les changent le moins.  Non, les livres qui marquent et qui métamorphosent, ce sont les autres, les livres de désir, de plaisir, les livres de génie et surtout les livres de beauté.  Tenez, prenons un grand livre de beauté: Voyage au bout de la nuitComment ne pas être un autre après l'avoir lu ? Eh bien, la majorité des lecteurs réussissent ce tour de force sans difficulté.  Ils vous disent après : « Ah oui, Céline, c'est formidable », et puis reviennent à leurs moutons. Évidemment, Céline, c'est un cas extrême, mais je pourrais parler des autres aussi.  On n'est jamais le même après avoir lu un livre, fût-il aussi modeste qu'un Léo Malet: ça vous change, un Léo Malet.  On ne regarde plus les jeunes filles en imperméable comme avant, quand on a lu un Léo Malet.  Ah mais, c'est très important ! Modifier le regard: c'est ça, notre grand œuvre.


Hygiène de l'assassin, Amélie Nothomb



 

5 de abril de 2012

▪ Sharing Life in SMS Format



LA VIDA ES SÓLO ESO

La poesía celular es una voz que ansía inmediatez. La inmediatez es súbita percepción de una conexión que, si no es ya, no será más. La inmediatez es la oportunidad de una ocurrencia que se rehúsa a morir.

De pronto: un mensaje salta de un edificio que se está incendiando para seguir viviendo, en plena caída, con la esperanza de que antes de estrellarse contra el empedrado, allá abajo, alguna red lo sostenga. (...)

El mensaje de texto es un modo de diferir lo que se está viviendo para abrazar algo de la intensidad de ese momento que, si no, se pierde. Diferir es arrancarle una mirada al instante para enviarla hacia otro mundo: igual como sucede con la luz que nos llega de las estrellas ya muertas.

No hay presente pleno sin otro que nos piense. Sólo por esa presencia ansiada, el tiempo se vuelve mi tiempo, la lluvia esta lluvia, la noche nuestra noche.

Muchos mensajes que se leen en este libro parecen decir: existo si -en alguna parte ahora- vos estás también aquí.

La salida del texto (mensaje enviado) es la consumación de una fuga en la que alguien logró salvar al instante de su muerte segura.

Ausencia y distancia no son, ahora, aplazamiento y frustración del deseo de estar juntos, sino también posibilidad de otro lugar en el presente. Lo actual como proliferación de espacios simultáneos es un modo de resistencia.

La existencia cotidiana, de otro modo, sería una nada compuesta de puros olvidos. El ausente es ahora garantía de mi presencia. La distancia es el artificio necesario para que la vivencia sobreviva en el mensaje. La condición del mensaje es que el destinatario se encuentre en otra parte. Pero ni destinatario ni destino están asegurados. Todo mensaje salta sin saber del todo si habrá red. Un mensaje es una idea lanzada en una botella.

La poesía celular participa de la estética del naufragio.

Todo relato se construye bajo esta fórmula: alguien que estuvo cuenta algo a otro que no estuvo. Al final, la narración, nacida de la ausencia y la distancia del otro, triunfa sobre esa misma ausencia y distancia.

Enviar un mensaje es iniciar un viaje, deslizarse a un mundo paralelo. Trasportar un instante hacia otro sitio. Alterar los espacios.

La vida es sólo eso: instantes vividos mezclados y adulterados en la experiencia de alguien contada para otro.

Los instantes se olvidan y desaparecen si no se vuelven relato. La vida es un estado de inminencia que necesita la narrativa de lo que está ocurriendo.

La poesía celular trata de doblegar la lógica del acontecimiento en la que el relato sólo es posible después de que suceden las cosas: esta poética comienza en las últimas pulsaciones todavía vivas del acontecimiento.

Un corte de luz, un ruido en la panza, un viaje en colectivo, una tormenta, un domingo en familia.

Escribimos para no olvidar o para que alguien recuerde que alguna vez estuvimos vivos, que alguna vez amamos y nos amaron, que alguna vez nos sentimos solos y prescindibles. Si no, cada momento se escurre como agua suelta.

Los instantes no se capturan con una red como si fueran peces o crisálidas ni con otros métodos como si fueran cerdos y alimañas. Los instantes se alojan en un cuerpo que los piensa, pero esos pensamientos se disuelven como sueños si no se los envía fuera de sí. (...)

Los mensajes son caricias de los que se encuentran lejanos: desde siempre la poesía fue el delirio de la cercanía. (...)


Prólogo del libro Poesía celular, Marcelo Percia
 

 
 

24 de marzo de 2012

▪ If You Blew into my Heart...



BARCAROLA

Si solamente me tocaras el corazón,
si solamente pusieras tu boca en mi corazón,
tu fina boca, tus dientes,
si pusieras tu lengua como una flecha roja
allí donde mi corazón polvoriento golpea,
si soplaras en mi corazón, cerca del mar, llorando,
sonaría con un ruido oscuro, con sonido de ruedas de tren con sueño,
como aguas vacilantes,
como el otoño en hojas,
como sangre,
con un ruido de llamas húmedas quemando el cielo,
sonando como sueños o ramas o lluvias,
o bocinas de puerto triste;
si tú soplaras en mi corazón, cerca del mar,
como un fantasma blanco,
al borde de la espuma,
en mitad del viento,
como un fantasma desencadenado, a la orilla del mar, llorando.

(...)

Alguien vendría, sopla con furia,
que suene como sirena de barco roto,
como lamento,
como un relincho en medio de la espuma y la sangre,
como un agua feroz mordiéndose y sonando.

En la estación marina
su caracol de sombra circula como un grito,
los pájaros del mar lo desestiman y huyen,
sus listas de sonido, sus lúgubres barrotes
se levantan a orillas del océano solo.


Pablo Neruda


 
  
   
   
 

28 de febrero de 2012

▪ Tout le monde devient fou



Moi j'aspire à l'éternité et je la veux, je sais qu'elle existe et je sais où elle est, à l'instant où je te parle. Plus loin, plus haut, plus bas, plus près, que m'importe, le mot "éternel" est une invention qui nous détourne de l'éternité. L'éternité est dans ce qui entre en moi et ce qui sort de moi trop vite pour que je le sache. Fou, oui, tu le sais aussi bien que moi, tout le monde devient fou. Les écrivains, les artistes, les chercheurs deviennent fous, et ceux qui ne deviennent pas fous demeurent ce qu'ils sont, des gens ordinaires et heureux de courir au dépotoir de l'espèce sans jamais avoir frémi d'horreur et sans avoir connu l'extase et qui meurent sans jamais être morts et qui sont effacés sans laisser de traces. Parfois je les envie de vivre dans cet univers pleins de sens, avec la mesure de l'argent, l'ubiquité du politique, les facilités du sexe et le repos de la distraction. L'éternité est sans mesure, comment pourrions-nous en parler? La poésie n'est pas donnée à tout le monde, il faut d'abord faire la conquête du silence et faire taire la voix de tout ce qui en nous n'est pas de nous. Les mots sont de trop. Nous parlons trop, nous lisons trop et nous écrivons trop. Nous donnons du sens à ce qui ne devrait être que du son. Les Orientaux ont raison: mantras et silence.

Voyage en Irlande avec un parapluie, Louis Gauthier


2 de febrero de 2012

▪ Extraordinarily Empty

 
 
She wanted to go straight up to him and say, “Mr Carmichael!” Then he would look up benevolently as always, from his smoky vague green eyes. But one only woke people if one knew what one wanted to say to them. And she wanted to say not one thing, but everything. Little words that broke up the thought and dismembered it said nothing. “About life, about death; about Mrs Ramsay”— no, she thought, one could say nothing to nobody. The urgency of the moment always missed its mark. Words fluttered sideways and struck the object inches too low. Then one gave it up; then the idea sunk back again; then one became like most middle-aged people, cautious, furtive, with wrinkles between the eyes and a look of perpetual apprehension. For how could one express in words these emotions of the body? express that emptiness there? (She was looking at the drawing-room steps; they looked extraordinarily empty.) It was one’s body feeling, not one’s mind. The physical sensations that went with the bare look of the steps had become suddenly extremely unpleasant. To want and not to have, sent all up her body a hardness, a hollowness, a strain. And then to want and not to have — to want and want — how that wrung the heart, and wrung it again and again! Oh, Mrs Ramsay! she called out silently, to that essence which sat by the boat, that abstract one made of her, that woman in grey, as if to abuse her for having gone, and then having gone, come back again. It had seemed so safe, thinking of her. Ghost, air, nothingness, a thing you could play with easily and safely at any time of day or night, she had been that, and then suddenly she put her hand out and wrung the heart thus. Suddenly, the empty drawing-room steps, the frill of the chair inside, the puppy tumbling on the terrace, the whole wave and whisper of the garden became like curves and arabesques flourishing round a centre of complete emptiness.

“What does it mean? How do you explain it all?” she wanted to say, turning to Mr Carmichael again. For the whole world seemed to have dissolved in this early morning hour into a pool of thought, a deep basin of reality, and one could almost fancy that had Mr Carmichael spoken, for instance, a little tear would have rent the surface pool. And then? Something would emerge. A hand would be shoved up, a blade would be flashed. It was nonsense of course.

To the Lighthouse, Virginia Woolf
 
 
 

12 de enero de 2012

▪ One Drifts Apart

 
 
Foolish questions, vain questions, questions one never asked if one was occupied. Is human life this? Is human life that? One never had time to think about it. But here he was asking himself that sort of question, because Mrs. Ramsay was giving orders to servants, and also because it had struck him, thinking how surprised Mrs. Ramsay was that Carrie Manning should still exist, that friendships, even the best of them, are frail things. One drifts apart. He reproached himself again. He was sitting beside Mrs. Ramsay and he had nothing in the world to say to her. 

To the Lighthouse, Virginia Woolf
 
 
 

4 de enero de 2012

▪ Even if we Leave, we Stay

 

Quand les images se succèdent sans jamais se fixer et que nous glissons en elles, fluides, mobiles, quand tout cela est éphémère et sans solidité et qu'on n’a pas de prise. Quand on sait que cet instant ne se reproduira plus jamais, qu’il passe, qu’il passe sans qu’on puisse même en un instant le saisir. Et c'est comme si je me voyais du bateau sur le quai et comme si je me voyais du quai sur le bateau et que je pouvais me dire adieu et continuer deux existences qui à partir de maintenant ne se rencontreraient plus jamais.

Voyage en Irlande avec un parapluie, Louis Gauthier
 
 
  

28 de diciembre de 2011

▪ She Never Told Him that She Loved Him



And what then? For she felt that he was still looking at her, but that his look had changed. He wanted something—wanted the thing she always found it so difficult to give him; wanted her to tell him that she loved him. And that, no, she could not do. He found talking so much easier than she did. He could say things—she never could. So naturally it was always he that said the things, and then for some reason he would mind this suddenly, and would reproach her. A heartless woman he called her; she never told him that she loved him. But it was not so—it was not so. It was only that she never could say what she felt. Was there no crumb on his coat? Nothing she could do for him? Getting up, she stood at the window with the reddish-brown stocking in her hands, partly to turn away from him, partly because she remembered how beautiful it often is—the sea at night. But she knew that he had turned his head as she turned; he was watching her. She knew that he was thinking, You are more beautiful than ever. And she felt herself very beautiful. Will you not tell me just for once that you love me? He was thinking that, for he was roused, what with Minta and his book, and its being the end of the day and their having quarrelled about going to the Lighthouse. But she could not do it; she could not say it. Then, knowing that he was watching her, instead of saying anything she turned, holding her stocking, and looked at him. And as she looked at him she began to smile, for though she had not said a word, he knew, of course he knew, that she loved him. He could not deny it. And smiling she looked out of the window and said (thinking to herself, Nothing on earth can equal this happiness)—

"Yes, you were right. It’s going to be wet tomorrow. You won’t be able to go." And she looked at him smiling. For she had triumphed again. 


To the Lighthouse, Virginia Woolf
 
  
  
     

21 de diciembre de 2011

▪ Bonheur, joie pure, extase, liberté

    

Comme ce matin, je sens monter en moi d’indescriptibles bouffées de bonheur, de grandes vagues de joie pure, des frissons d’extase et de liberté. Je n’ai de comptes à rendre à personne, personne ne sait où je suis, ce que je fais, personne ne sait qui je suis et c’est comme si je n’étais plus rien, rien que cette plaque sensible sur laquelle s’impriment successivement tous les carrefours de Londres, rien qu’un miroir, et je ne veux rien faire d’autre que marcher jusqu’à l’épuisement, me saouler de cette prodigieuse paix, de cette prodigieuse béatitude.

Voyage en Irlande avec un parapluie, Louis Gauthier


       

17 de diciembre de 2011

▪ He Wished to Protect her



He turned and saw her. Ah! She was lovely, lovelier now than ever he thought. But he could not speak to her. He could not interrupt her. He wanted urgently to speak to her now that James was gone and she was alone at last. But he resolved, no; he would not interrupt her. She was aloof from him now in her beauty, her sadness. He would let her be, and he passed her without a word, though it hurt him that she should look so distant, and he could not reach her, he could do nothing to help her. And again he would have passed her without a word had she not, at that very moment, given him of her own free will what she knew he would never ask, and called to him and taken the green shawl off the picture frame, and gone to him. For he wished, she knew, to protect her.

To the Lighthouse, Virginia Woolf

   

29 de noviembre de 2011

▪ Je n'ai jamais su...



Dans chaque seconde il y a un roman complet, avec son début et sa fin, avec tous ses enchaînements de causes et de conséquences et ses infinies dimensions horizontales et verticales. Mais ce qu’il m’en reste maintenant c’est cela, à peine une trace, un parfum sensible de la largeur de ce corps, le poids de ce volume charnel et l’espèce de moiteur de la peau, les fins cheveux blonds que je caressais sur son épaule, l’impressions de pouvoir toujours tout comprendre des êtres comme moi à la recherche de la lumière, et l’impression aussi que cette lumière je ne peux pas la donner parce que je ne l’ai pas en moi, ni la lumière, ni la paix, ni l’amour, et aussi cette brisure, ce quelque chose de cassé dans les profondeurs, comme une mort douloureuse constituée de mille petits détails, une mort bien à moi et par laquelle je devais nécessairement passer, je devrai encore passer, boire jusqu’au bout, jusqu’à la lie. Je n’ai pas su aimer, je n’ai jamais su aimer, et il faut qu’on m’apprenne en m’enfonçant la tête dedans de force, regarde, sens, hume ton malheur, ton désespoir, comprends-tu pourquoi tu souffres? Regarde encore, étouffe encore, encore plus, tu n’as jamais aimé que ça, toi, un mirage.

Voyage en Irlande avec un parapluie, Louis Gauthier


 

23 de noviembre de 2011

▪ Venerable and Laughable



It was a disguise; it was the refuge of a man afraid to own his own feelings, who could not say, This is what I like—this is what I am; and rather pitiable and distasteful to William Bankes and Lily Briscoe, who wondered why such concealments should be necessary; why he needed always praise; why so brave a man in thought should be so timid in life; how strangely he was venerable and laughable at one and the same time.

To the Lighthouse, Virginia Woolf






 

21 de noviembre de 2011

▪ Le grand malheur de t'avoir perdu

 
 
Nostalgie et poésie et encore: cela pourrait revivre par l'imagination et s'enflammer, donnez-moi deux verres de gin, ou deux Guinness, et je m'en rappellerai des souvenirs de bar où tu chantais (...) et moi, assis près du piano, je riais parce que tu m'aimais, parce que j'étais en amour avec la chanteuse comme dans les vues, mais je n'avais pas prévu la fin du film, bien qu'elle fût aussi évidente que dans n'importe quel mauvais scénario: l'écrivain et la chanteuse, l'amour fou, le champagne, les exigences des contrats, les petits chicanes de ménage, les scènes de jalousie, la boîte à musique qui se brise, (...) mais moi je n'ai rien compris, j'ai juste envie de me saouler la gueule et les bars sont fermés à cette heure-ci, alors je bois son maudit thé à défaut d'autre chose, pour boire, en attendant, en rêvant à l'ivresse, parce que j'ai soif, et plus le film avance plus j'ai soif, et finalement au lieu de aller me coucher bien saoul et heureux comme un bon écrivain, je passe la nuit les yeux grands ouverts à écouter les maudites cloches de cette maudite église historique qui sonnent les heures et les demi-heures, en attendant que le jour se lève, en pensant à toi, toujours à toi, et au malheur, au grand malheur de t'avoir perdu, pour toujours, car cela au moins je peux compter là-dessus pour toujours.


Voyage en Irlande avec un parapluie, Louis Gauthier

 
 

21 de octubre de 2011

▪ Silent Literature



Je répondis que je n'écrivais plus, que je ne voulais plus écrire, qu'il n'y avait plus que le silence que me satisfaisait. Je prétendis que la littérature était une maladie, ruineuse pour l'organisme, dangeureuse pour la société, inutile pour la vie et malsaine à sa source. Angèle se moqua de moi. Paul affirma que j'écrivais en cachette, que je prenais des notes le soir en rentrant à la maison. J'exposai ma théorie du moment: la vie était une fiction, de toute manière. La réalité ne nous concernait pas. La réalité concernait la matière et l'esprit et nous étions entre les deux, nous étions à la fois les créateurs de la fiction humaine et ses produits. La littérature, si on ne trichait pas, ne pouvait que conduire au silence.


Voyage en Irlande avec un parapluie, Louis Gauthier



18 de octubre de 2011

▪ Happiness is never grand



Actual happiness always looks pretty squalid in comparison with the overcompensations for misery. And, of course, stability isn't nearly so spectacular as instability. And being contented has none of the glamour of a good fight against misfortune, none of the picturesqueness of a struggle with temptation, or a fatal overthrow by passion or doubt. Happiness is never grand.

Brave New World, Aldous Huxley